Epona Rodriguez-Benhoumeur
Naturopathe Microbiotique
spécialisée dans l’équilibre du microbiote intestinal et la santé digestive.
Accompagnement en relation d'aide
L'impact de l'alimentation
sur le microbiote intestinal
Pourquoi notre alimentation est-elle primordiale pour notre santé, quelle est l'importance d'adopter une autre alimentation, plus consciente ? Et pourquoi plébisciter un régime de type méditerranéen? Autant de questions parfois laissées sans réponses, par manque de précisions...
Pour répondre à ces questions, il faut revenir à un élément clé : le microbiote intestinal et l’importance de son équilibre sur notre santé. Et les fibres alimentaires y jouent un rôle essentiel, constituant le principal « carburant » des bactéries intestinales qui composent ce microbiote.
Mais les fibres ne servent pas uniquement à nourrir ces bactéries. Lorsqu’elles sont fermentées, elles permettent la production de composés précieux appelés acides gras à chaîne courte (AGCC);de toutes petites molécules issues de l’activité bactérienne. Ces métabolites participent au maintien de la barrière intestinale et à ses mécanismes naturels de réparation, à la régulation du système immunitaire, et à la limitation des phénomènes inflammatoires.
Leur production régulière est donc essentielle au maintien de l’équilibre intestinal et général. Or, ces AGCC ne sont produits que par les bactéries intestinales, lors de la transformation des fibres alimentaires. Au-delà de perturber cette production bénéfique, le manque de fibres alimentaires dans l'alimentation quotidienne va déséquilibrer et fragiliser le microbiote intestinal, dont les conséquences peuvent se faire sentir bien au-delà du système digestif.
Cependant, le problème ne se limite pas à un manque de fibres. Une alimentation trop riche en certains nutriments peut également déséquilibrer le microbiote intestinal.
Des repas excessivement riches en graisses, notamment en acides gras saturés, sont associés à une modification défavorable de la composition bactérienne, avec augmentation de bactéries pro-inflammatoires et diminution
d' espèces productrices de butyrate, un AGCC particulièrement important pour la santé intestinale. Cet état de dysbiose favorise alors une inflammation dite « de bas grade » et peut contribuer, entre autres, au développement de l’obésité ou du syndrome métabolique.
Parallèlement, une alimentation riche en fibres ne suffit pas toujours à préserver l’équilibre du microbiote. Des apports excessifs en fructose, glucose ou saccharose peuvent en altérer la diversité bactérienne et favoriser des bactéries plus agressives, notamment lorsque les apports en sucres deviennent proportionnellement plus importants que ceux en fibres. Certaines études montrent également que les édulcorants artificiels, tels que l’aspartame ou le sucralose, peuvent altérer le microbiote intestinal et entretenir un terrain inflammatoire discret mais chronique. À long terme, cet état inflammatoire peut perturber le métabolisme du glucose et augmenter le risque de diabète de type 2.
Le fructose mérite, lui aussi, une attention particulière. Une étude publiée en 2020 a montré qu’une alimentation riche en fruits pouvait favoriser la présence de bactéries bénéfiques productrices de butyrate. Toutefois, cette donnée ne doit pas faire oublier qu’une consommation excessive et quotidienne de fructose, notamment sous forme de "repas de fruits", de jus, ou de fruits très concentrés comme les dattes, les mangues, le raisin, va également déséquilibrer le microbiote intestinal. Ce phénomène s’explique en grande partie par le ratio sucre/fibres, inversé, dans les fruits . En effet, les fruits fournissent, en moyenne, environ six fois plus de sucre que de fibres. Les légumineuses, les céréales complètes et les légumes apportent, eux, beaucoup de fibres pour une quantité de sucre limitée.
Concernant les recommandations actuelles d’apporter environ 30 grammes de fibres par jour dans notre alimentation, ce qui peut nous sembler exagéré, elles s’appuient sur de nombreuses études épidémiologiques, essais cliniques et méta-analyses. En effet, cet apport est associé à une réduction significative du risque de maladies chroniques, notamment cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de certains cancers, tout en restant néanmoins réaliste et accessible dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
Aujourd’hui, le modèle alimentaire qui se rapproche le plus de ces objectifs est le régime grec-méditerranéen, reconnu pour sa richesse et sa diversité. Il repose sur une consommation régulière de légumineuses, de céréales complètes, de légumes, de poissons et de crustacés, accompagnée de viandes de qualité, de laitages issus de chèvre ou de brebis, et d’un apport raisonné en fruits. Ce modèle alimentaire, profondément ancré dans une culture de simplicité et de respect des aliments, reste pourtant encore bien éloigné de nos habitudes alimentaires actuelles.

À propos
Epona Rodriguez-Benhoumeur
Pourquoi naturopathe microbiotique ?
Cette spécialisation est née d’un constat personnel : l'absence de réponses concrètes face à une rectocolite hémorragique diagnostiquée chez un proche. Face aux limites des prises en charge classiques, j’ai commencé à explorer les recherches sur le microbiote intestinal. Ce fut un véritable tournant.
J’y ai découvert un champ immense, à la croisée de la nutrition, de la médecine, de l’immunologie et même de la psychologie. En me formant et en approfondissant les publications scientifiques, j’ai compris à quel point le microbiote est central pour notre santé – et combien notre mode de vie actuel ne respecte pas ses besoins fondamentaux.
Mon cheval de bataille est l’alimentation du microbiote : un domaine encore méconnu du grand public, bien que documenté par la recherche médicale. Notre microbiote a besoin de diversité alimentaire, de diversité végétale, de légumineuses, d’une relation plus saine au stress et d’un mode de vie qui lui laisse la place d’exister. Cette vision rejoint naturellement les grands principes de la naturopathie, et cette maxime importante: "que ton alimentation soit ta première médecine."
On dit parfois que je suis une naturopathe scientifique, je l’assume pleinement. Je crois en une naturopathie moderne, éclairée par les avancées en microbiologie, et centrée sur une écologie intérieure vivante,
fragile et pleine de ressources.
Mon approche
Après trois années d'études en école de naturopathie, j'ai choisi de me spécialiser dans le domaine du microbiote intestinal, en approfondissant les recherches scientifiques sur ce sujet. Cette exploration a profondément transformé ma vision de l'alimentation et m'a permis de comprendre à quel point elle peut influencer, positivement comme négativement, nos bactéries intestinales.
Aujourd'hui, nous savons que cet écosystème bactérien joue un rôle central dans de nombreuses fonctions physiologiques, au point d'être souvent qualifié de « deuxième cerveau ». Pourtant, nos habitudes alimentaires modernes – faible consommation de fibres, absence de légumineuses, excès de lipides et de sucres raffinés, alimentation ultra-transformée – ne respectent plus les besoins de nos bactéries intestinales. Résultat : une augmentation préoccupante des maladies liées à la dysbiose intestinale.
Mais l'alimentation n'est pas le seul facteur. Un stress chronique et mal géré peut lui aussi déséquilibrer notre microbiote, notamment via l'axe intestin-cerveau et l'impact du cortisol sur l'inflammation intestinale.
Une approche globale et intégrative
En tant que praticienne en naturopathie, j’adopte une approche globale de l’hygiène de vie, avec une attention particulière portée à l’alimentation. En naturopathie, l’alimentation est considérée comme la première grande technique d’intervention : c’est sur elle que nous sommes prioritairement formés, car elle influence directement notre équilibre interne. Comprendre le fonctionnement des bactéries intestinales, leurs besoins spécifiques, permet d’établir un lien clair entre les habitudes alimentaires, les déséquilibres du microbiote intestinal, et les pistes concrètes pour le rééquilibrer.
Mais l’alimentation n’agit pas seule. Un stress chronique, installé dans la durée, a lui aussi un impact profond sur le microbiote, notamment via l’axe intestin-cerveau et les mécanismes inflammatoires. Pour restaurer une relation harmonieuse avec notre microbiote, il est donc essentiel de prendre soin aussi de nos émotions et de notre système nerveux.
Depuis 2019, j'ai accompagné des personnes souffrant de SIBO, cancers, syndrome de l'intestin irritable, hypothyroïdie, rectocolite hémorragique, candidose vaginale, dépression ou troubles liés à l'histamine.
Grâce à des ajustements alimentaires et cette approche globale de la personne, j'ai constaté des améliorations significatives de leurs symptômes. Cette démarche s’inscrit dans l’esprit de la médecine intégrative, aujourd’hui reconnue et parfois intégrée dans certains services hospitaliers, notamment en oncologie.
Ces résultats renforcent ma conviction qu'une alimentation adaptée, en accord avec nos besoins biologiques et ceux de notre microbiote, est une clé essentielle pour la santé globale.
